Pouls du marché T4 2025: La discipline l’emporte sur la prédiction
Le quatrième trimestre de 2025 a réaffirmé un message clé pour les investisseurs : les marchés continuent de récompenser la discipline plutôt que la prédiction. Les marchés financiers ont affiché de solides résultats en 2025, dépassant les attentes de nombreux prévisionnistes formulées un an plus tôt. Malgré plusieurs épisodes marqués de volatilité, la tendance générale des marchés boursiers est demeurée résolument à la hausse, la plupart des grands indices nord-américains atteignant des sommets historiques vers la fin de l’année.
Les marchés boursiers ont enregistré des gains importants, les indices de référence américains et canadiens progressant pour une troisième année consécutive. Fait notable, les actions canadiennes ont surclassé les marchés américains en 2025, soutenues par la vigueur des secteurs des matériaux, des services financiers et de l’énergie — des secteurs qui représentent ensemble plus de 60 % de l’indice composé S&P/TSX. À l’échelle mondiale, le rendement des actions a également été robuste, tant dans les marchés développés qu’émergents, profitant de l’amélioration des bénéfices et d’un regain d’intérêt pour la diversification.
Les rendements des titres à revenu fixe ont été positifs, mais plus modérés. Aux États-Unis, les obligations ont bénéficié des baisses de taux de la Réserve fédérale et de la résilience de l’économie, tandis qu’au Canada, les rendements obligataires ont été limités par le resserrement des écarts de crédit et une croissance économique modeste. Du côté des matières premières, l’or et l’argent ont atteint des sommets historiques au cours de l’année dans un contexte de préoccupations budgétaires et de risques géopolitiques, tandis que les prix du pétrole ont reculé, l’offre mondiale demeurant abondante.
À l’aube de 2026, les marchés amorcent une transition : d’une période dominée par les craintes liées à l’inflation et au risque de récession, ils évoluent désormais vers un environnement davantage influencé par des facteurs fondamentaux plus traditionnels, tels que la croissance des bénéfices, l’investissement en capital et la discipline en matière d’évaluation.
SOMMAIRE DES RENDEMENTS ANNUELS 2025
Rendement total, couvert en dollars canadiens (proxy FNB)
- L’un des rendements annuels les plus élevés depuis plus de dix ans, porté par les secteurs des matériaux, des services financiers et de l’énergie.
- S&P 500 (XSP) : +14,23 %
Rendements solides à deux chiffres, soutenus par la croissance des bénéfices et le leadership continu des grandes capitalisations technologiques. - MSCI Monde (XWD) : +13,67 %
Reflétant une participation généralisée des marchés boursiers mondiaux. - MSCI EAFE (marchés développés hors États-Unis, XIN) : +16,73 %
Forte performance des marchés développés hors États-Unis (la version non couverte a généré un rendement de +22,50 %). - Obligations canadiennes – FTSE Canada Universe (XBB) : -0,79 %
Contexte macroéconomique (Canada / Devises)
- La Banque du Canada a terminé l’année après avoir abaissé son taux directeur au cours de 2025, soutenant les actifs sensibles aux taux d’intérêt et contribuant à la forte performance des marchés boursiers.
- Le dollar canadien s’est affaibli par rapport au dollar américain durant certaines périodes de l’année, ce qui a amélioré les rendements des investisseurs canadiens détenant des placements internationaux non couverts.
Thèmes clés
- Valorisation des actions : élevée historiquement, mais le contexte est important
Les valorisations des actions américaines demeurent élevées par rapport aux moyennes à long terme. Le S&P 500 se négocie toujours au-dessus de sa moyenne de valorisation sur 30 ans d’environ 17 fois les bénéfices, ce qui peut sembler exigeant à première vue.
Cependant, la composition du marché a profondément changé. Les entreprises technologiques et liées à la technologie représentent maintenant environ 30 % du S&P 500, comparativement à près de 5 % il y a trente ans. Ces sociétés présentent généralement des marges plus élevées, des modèles d’affaires plus évolutifs, des bilans plus solides et une portée mondiale accrue. Dans ce contexte structurel, une valorisation se situant entre 19 et 20 fois les bénéfices futurs est plus raisonnable que ce que suggèrent les moyennes historiques seules. Cela dit, des valorisations élevées réduisent la marge d’erreur et augmentent la sensibilité aux mauvaises surprises, ce qui renforce l’importance de la diversification et de la gestion active des risques.
- La croissance des bénéfices demeure le principal moteur
Les prévisions consensuelles de bénéfices pour les marchés boursiers mondiaux demeurent constructives pour les trois prochaines années. En 2026 et au-delà, ce sont les bénéfices — et non l’expansion des multiples — qui devraient être le principal moteur des rendements. Certains sceptiques s’interrogent sur le rendement réel des investissements massifs en intelligence artificielle.
Bien que ce risque existe, l’alternative est encore plus préoccupante : pour de nombreuses entreprises, sous-investir en IA comporte un risque d’obsolescence concurrentielle à long terme. L’histoire démontre que lors des grandes transitions technologiques, les entreprises ont souvent tendance à surinvestir avant que les gains d’efficacité ne se matérialisent pleinement. Toutefois, celles qui n’investissent pas sont généralement laissées pour compte.
- IA : de l’infrastructure à la productivité
Le thème de l’intelligence artificielle demeure intact, mais il évolue. La phase initiale axée sur l’infrastructure et le matériel s’élargit désormais vers des applications qui améliorent l’efficacité, réduisent les coûts et optimisent la prise de décision dans de nombreux secteurs.
En 2026, le leadership des marchés devrait continuer de se déplacer :
– d’un groupe restreint de méga-capitalisations,
– vers des entreprises qui intègrent efficacement l’IA à leurs opérations principalesCela renforce la pertinence de maintenir une exposition au thème tout en évitant une concentration excessive
- Repenser le risque et le rendement en revenu fixe
La baisse des taux directeurs et le resserrement des écarts de crédit ont modifié l’environnement des occasions en revenu fixe. Bien que les rendements demeurent positifs, la rémunération pour le risque de crédit additionnel est inférieure aux moyennes historiques.
Dans ce contexte :
– le revenu fixe traditionnel plus risqué offre peu de rendement additionnel,
– Le risque de baisse a augmenté par rapport au potentiel de rendement.Par conséquent, nous privilégions une approche plus réfléchie combinant des obligations de grande qualité à des stratégies utilisant des options et des billets structurés afin d’améliorer le revenu et de mieux gérer le risque. Ces solutions permettent de générer des flux de trésorerie attrayants sans dépendre exclusivement de l’exposition au crédit.
Stratégie de portefeuille
- Actions
Maintenir une exposition mondiale diversifiée avec un biais vers la qualité. Les actions américaines demeurent un pilier des portefeuilles, mais les valorisations élevées justifient une augmentation graduelle de l’exposition internationale, où les valorisations sont plus attrayantes et la dynamique des bénéfices s’améliore. - Revenu fixe
Mettre l’accent sur des obligations de grande qualité à courte et moyenne échéance afin d’assurer stabilité et diversification. Compte tenu des écarts de crédit comprimés, compléter le revenu fixe traditionnel par des stratégies structurées et basées sur les options pour bonifier le revenu sans accroître significativement le risque. - Petites capitalisations et marchés privés
La sélectivité demeure essentielle. Dans les marchés publics, privilégier la solidité des bilans et la résilience des flux de trésorerie. Dans les marchés privés, les occasions restent attrayantes, alors que plusieurs entreprises de grande qualité demeurent privées plus longtemps, offrant souvent des points d’entrée et une gouvernance plus intéressants. - Billets structurés et stratégies de revenu
Les solutions structurées demeurent un élément clé des portefeuilles en 2026, particulièrement pour générer du revenu dans un environnement de faible volatilité et d’écarts serrés, lorsque celles-ci sont alignées avec les objectifs et la tolérance au risque des clients.
Conclusion
Au début de 2026, les marchés ne sont plus dominés par la crainte d’une récession ou d’une inflation incontrôlée, mais plutôt par des fondamentaux plus traditionnels : croissance des bénéfices, allocation du capital et discipline en matière de valorisation.
Bien que les valorisations élevées et l’évolution des risques appellent à la prudence, elles ne justifient pas un retrait des marchés. Un portefeuille diversifié et axé sur la qualité — appuyé par une gestion active lorsque nécessaire, un rééquilibrage réfléchi et une utilisation sélective de stratégies de revenu alternatives — demeure la meilleure approche pour naviguer l’année à venir.
Nous demeurons engagés à vous aider à rester concentré sur vos objectifs à long terme et serons heureux de discuter de la façon dont cette perspective s’intègre à votre plan financier personnel.
Les informations contenues dans cette lettre proviennent de diverses sources, notamment The Wall Street Journal, ISM World, le U.S. Bureau of Labor Statistics, The Globe and Mail, BNN Bloomberg, le Financial Times, le Bureau of Economic Analysis, le Toronto Star et Statistique Canada, à différentes dates.
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