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29 avril, 2026

Pouls du marché T1 2026: La prévision demeure l’atout le plus précieux

Un paysage urbain avec de grands gratte-ciel modernes et des immeubles de bureaux sous un ciel partiellement nuageux, avec des collines vertes visibles à l'arrière-plan.

Le premier trimestre de 2026 a rappelé clairement que les marchés n’évoluent que rarement de façon linéaire et que la résilience, et non la prévision, demeure l’atout le plus précieux pour les investisseurs à long terme.

L’année a débuté sur une base solide, particulièrement au Canada, où l’indice S&P/TSX a atteint un sommet historique à la fin janvier. Toutefois, cet élan initial s’est avéré fragile. Un retournement marqué des prix des métaux précieux a rapidement effacé une grande partie des gains, mettant en lumière le risque de concentration au sein du marché canadien.

Le mois de février a été plus constructif. Les actions canadiennes ont surperformé leurs homologues mondiales, tandis que les marchés américains ont été à la traîne, notamment en raison de la faiblesse des titres technologiques et des préoccupations renouvelées quant aux implications économiques de l’intelligence artificielle.

Le 28 février, l’escalade des tensions géopolitiques a mené à un conflit militaire impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. La réaction des marchés a été rapide et généralisée. Le mois de mars a enregistré la plus importante correction mondiale depuis 2022, alors qu’un choc énergétique s’est propagé à l’ensemble des classes d’actifs.

Les prix du pétrole ont fortement grimpé (le Brent ayant progressé d’environ 60 % en un mois), en raison de perturbations des routes d’approvisionnement et des infrastructures énergétiques. Étant donné que le détroit d’Ormuz représente environ un cinquième du transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, l’ampleur de ce mouvement souligne la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Parallèlement :

  • Les obligations ont reculé en raison du risque accru d’inflation et de hausses de taux
  • L’or, malgré son statut de valeur refuge, a également fléchi
  • Les marchés boursiers ont effacé une partie de leurs gains avant de se stabiliser en fin de trimestre

Malgré cette volatilité, les actions canadiennes ont fait preuve de résilience, terminant le trimestre devant la plupart des grands indices mondiaux et continuant de mener sur des horizons plus longs.

Rendement des indices – T1 2026
Rendement total, couvert en dollars canadiens (FNB indicatifs)

  • S&P/TSX Composite (XIU) : +2,96 %
    Performance solide du marché canadien, soutenue par le secteur de l’énergie.
  • S&P 500 (XSP) : -4,34 %
    Sous-performance des actions américaines, en grande partie due à la faiblesse du secteur technologique, notamment les titres logiciels.
  • MSCI Monde (XWD) : -0,91 %
  • MSCI EAEO (XIN) : +3,77 %
  • Obligations canadiennes (XBB) : -1,03 %

Contexte macroéconomique (Canada / Devises)

  • L’inflation est demeurée contenue à 1,8 % en février, sous la cible de la Banque du Canada. Toutefois, la hausse des prix de l’énergie représente un risque haussier important. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % en mars, tout en soulignant l’incertitude croissante liée aux marchés énergétiques

Thèmes clés

  1. Le choc énergétique comme catalyseur macroéconomique
    L’impact immédiat du conflit actuel a été la forte hausse des prix de l’énergie. Toutefois, les effets de second ordre devraient être plus déterminants :
    – Hausse des coûts de transport et de production
    – Pressions accrues sur les chaînes d’approvisionnement mondiales
    – Volatilité accrue de l’inflation

    Cet environnement complique la tâche des banques centrales et augmente le risque d’erreurs de politique monétaire.Comme illustré ci-dessous, les marchés européens et d’Asie-Pacifique ont été les plus touchés, en raison de leur dépendance plus élevée aux importations d’énergie. Cela souligne l’importance de la diversification géographique dans l’allocation d’actifs.

  2. Inflation : un scénario moins prévisible
    Après une période plus calme, le choc énergétique récent ravive les risques inflationnistes. Bien que les données passées aient été encourageantes, les pressions à venir s’intensifient.

    Pour les investisseurs, cela implique :
    – Une attention accrue aux rendements réels
    – Une préférence pour les entreprises ayant un fort pouvoir de fixation des prix
    – Une gestion active de la durée en revenu fixe

  3. Des signaux économiques divergents
    On observe une divergence croissante entre :
    – Le marché du travail et la croissance économique
    – Le sentiment des consommateurs et leurs dépenses
    – Les performances économiques régionales

    Ce type d’environnement favorise une approche plus sélective plutôt qu’une exposition généralisée aux marchés. Par ailleurs, la volatilité récente a rendu certaines valorisations plus attrayantes qu’en début d’année. La saison des résultats du T1 sera déterminante pour évaluer si la progression précédente des marchés reposait sur des fondamentaux solides.

  4. Risques de liquidité sous-jacents
    Un développement moins visible au T1 a été l’apparition de tensions dans les marchés de crédit privé, où certains gestionnaires ont limité les rachats face à une hausse des retraits.

    Bien que la situation ne semble pas systémique pour l’instant, elle mérite une attention particulière. Les périodes de resserrement de liquidité peuvent amplifier la volatilité et révéler des fragilités, notamment dans les segments moins transparents du marché.

Graphique linéaire montrant la hausse de l'indice MSCI World et la baisse des rendements du Trésor américain à 10 ans de 2025 à 2026. Une zone ombrée marque la période entre la

Stratégie de portefeuille

Actions

  • Maintenir une exposition mondiale diversifiée, avec un biais vers la qualité
  • Favoriser les entreprises solides, avec pouvoir de fixation des prix et flux de trésorerie résilients
  • Éviter une concentration excessive

Revenu fixe

  • Privilégier des obligations de haute qualité
  • Faire preuve de prudence face au crédit plus risqué
  • Conserver de la flexibilité face à l’évolution des taux

Actifs réels et matières premières

  • L’énergie peut agir comme couverture en période inflationniste
  • Favoriser une allocation mesurée plutôt que tactique

Stratégies alternatives et de revenu

  • Continuer d’évaluer les produits structurées en cristalisant les taux élevés lors de période plus volatile
  • Mettre l’accent sur la liquidité, la transparence et la gestion du risque

Conclusion

Le premier trimestre de 2026 a rappelé que ce sont souvent les événements imprévus et non les prévisions qui influencent les marchés. Malgré l’incertitude liée aux tensions géopolitiques et aux chocs énergétiques, les principes fondamentaux de l’investissement demeurent inchangés : discipline, diversification et focus sur des entreprises solides. Ce type d’environnement tend à récompenser les investisseurs qui demeurent fidèles à leur stratégie plutôt que de réagir aux nouvelles à court terme.

 


 

Les informations contenues dans cette lettre proviennent de diverses sources, notamment The Wall Street Journal, ISM World, le U.S. Bureau of Labor Statistics, The Globe and Mail, BNN Bloomberg, le Financial Times, le Bureau of Economic Analysis, le Toronto Star et Statistique Canada, à différentes dates.

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